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Épargne

Verser sur un PER avant le 31 décembre : votre plafond 2026, ce que vous économisez vraiment, et quand

Par Théophile Mazerolle · publié le 26 octobre 2026 · 6 min de lecture

L’essentiel

  • Le plafond 2026 est sur votre avis d'impôt de l'été 2026 : 10 % de vos revenus d'activité de 2025 (nets de frais professionnels), au moins 4 710 €, au plus 37 680 €, plus les plafonds non utilisés des années précédentes.
  • Une déduction n'est pas une réduction : elle baisse le revenu, pas l'impôt. Ce qu'elle rapporte dépend de votre taux marginal.
  • L'économie arrive à l'été 2027, avec l'avis d'impôt sur les revenus de 2026 : ni sur votre salaire, ni dans l'avance de janvier.
  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements faits après 70 ans ne sont plus déductibles.
  • À la sortie en capital, la part qui correspond aux versements déduits est imposée au barème : la déduction repousse l'impôt, elle ne l'efface pas.

Ce que vous versez sur un plan d'épargne retraite (PER) en 2026 se retire de votre revenu imposable de 2026, dans la limite d'un plafond inscrit sur votre avis d'impôt : en général 10 % de vos revenus d'activité de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, plus ce que vous n'avez pas utilisé les années précédentes. L'économie d'impôt est égale au versement multiplié par le taux de votre tranche la plus haute : 30 % dans une tranche à 30 %, rien si vous n'êtes pas imposable.

Pour que le versement compte sur l'impôt de 2026, il doit être fait avant le 31 décembre. Avant de verser, il faut savoir trois choses : combien vous pouvez déduire, ce que cela vous rapportera, et ce que vous paierez en sortant.

Votre plafond : où le trouver et comment il se calcule

Chaque membre du foyer a son propre plafond. Pour un salarié, celui des versements de 2026 se calcule sur les revenus de 2025 : 10 % des revenus d'activité, nets de frais professionnels, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 €. Une personne sans revenus d'activité (sans profession, ou retraitée) a droit au plancher, 4 710 €. Les indépendants suivent des règles à part.

À ce plafond s'ajoutent les parts non utilisées des années passées, en commençant par la plus ancienne. La durée de report vient d'être allongée : la part non utilisée de 2024 reste disponible jusqu'en 2027, celle de 2025 jusqu'en 2028 (trois ans), et à partir de la part de 2026, cinq ans.

Vous n'avez pas à faire ce calcul vous-même : le total figure sur votre avis d'impôt de 2026, dans la rubrique sur le plafond épargne retraite, pour chaque membre du foyer.

Un couple marié ou pacsé peut additionner ses deux plafonds, en cochant une case sur la déclaration (la case 6QR, dans la rubrique des charges). C'est utile quand l'un verse beaucoup et l'autre peu.

Déduction : ce que vous gagnez dépend de votre tranche

Une déduction retire une somme de votre revenu imposable. Une réduction, comme celle des dons, retire une somme de l'impôt lui-même. La différence change tout : 1 000 € de déduction ne font pas 1 000 € d'impôt en moins, mais 1 000 € multipliés par le taux de la tranche où tombent vos derniers euros de revenu. C'est ce qu'on appelle le taux marginal.

Avec le barème appliqué aux revenus de 2025 (celui des revenus de 2026 sera voté avec le budget de l'État pour 2027), les tranches par part de quotient familial sont :

Revenu imposable par part Taux
jusqu'à 11 600 € 0 %
de 11 600 € à 29 579 € 11 %
de 29 579 € à 84 577 € 30 %
de 84 577 € à 181 917 € 41 %
au-delà de 181 917 € 45 %

Le même versement rapporte donc 0 €, 110 €, 300 €, 410 € ou 450 € pour 1 000 € versés, selon le foyer.

Un exemple chiffré

Une personne seule (une part) a un revenu net imposable de 40 000 € en 2026. Son avis de 2026 lui indique un plafond de 4 710 €. Elle verse 3 000 € sur son PER en décembre 2026.

Avec le barème des revenus de 2025 :

  • sans versement : 11 % sur la part de 11 600 € à 29 579 €, soit 1 977,69 €, plus 30 % sur la part de 29 579 € à 40 000 €, soit 3 126,30 € : 5 104 € d'impôt ;
  • avec le versement, son revenu imposable tombe à 37 000 € : 1 977,69 € plus 30 % de 7 421 €, soit 2 226,30 € : 4 204 €.

L'économie est de 900 €, exactement 30 % de 3 000 €, parce que tout le versement reste dans la tranche à 30 %. Un versement qui fait redescendre le revenu dans la tranche à 11 % rapporterait 30 % sur la première partie, puis 11 % sur le reste.

Si cette personne n'avait que 11 000 € de revenu imposable, elle ne paierait pas d'impôt, et son versement ne lui rapporterait rien maintenant. Ses 3 000 € seraient tout de même bloqués jusqu'à la retraite.

Pour un foyer dont l'impôt est faible, le calcul se complique un peu (la décote, qui allège les petits impôts, change aussi) : le simulateur officiel de impots.gouv.fr donne le chiffre exact, avec et sans le versement.

Quand l'économie arrive

Le versement de décembre 2026 se déclare au printemps 2027, avec vos revenus de 2026. L'impôt est recalculé à l'été 2027, et c'est là que l'économie apparaît : un remboursement en juillet, ou un solde plus faible à la rentrée.

Entre-temps, rien ne bouge : votre taux de prélèvement à la source ne tient pas compte du versement, et le PER n'est pas dans la liste des dépenses qui donnent l'avance de 60 % en janvier. Les 3 000 € sortent en décembre 2026, les 900 € reviennent en juillet 2027 au plus tôt.

La sortie : ce qui a été déduit sera imposé

L'argent d'un PER reste en principe bloqué jusqu'à la retraite. Il peut sortir avant dans quelques cas prévus par la loi : achat de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire d'une entreprise.

À la sortie en capital, le retrait se coupe en deux :

  • la part qui correspond aux versements déduits est ajoutée à vos revenus et imposée au barème, sans prélèvements sociaux ;
  • la part qui correspond aux gains paie le prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).

Dans l'exemple, les 3 000 € déduits à 30 % en 2026 seront imposés à la tranche de l'année du retrait. Si elle est de 11 %, l'opération aura rapporté la différence ; si elle est la même, la déduction n'aura fait que reporter l'impôt, sans parler des gains, imposés eux aussi.

Vous pouvez aussi renoncer à la déduction, versement par versement, en le disant au gestionnaire du plan au moment de verser. La part des versements est alors exonérée à la sortie en capital. Cette option sert surtout à ceux qui ne paient pas ou peu d'impôt aujourd'hui.

Ce qui change dans votre budget

  • Un versement sur un PER n'est pas une dépense : c'est de l'argent placé, qui reste à vous (la règle est la même que pour un PEA, voir un versement sur un PEA est-il une dépense ?).
  • L'économie d'impôt de l'été 2027 se range avec l'impôt, en déduction, pas dans vos revenus (voir l'impôt dans son budget mensuel).
  • Vérifiez votre réserve avant de verser : l'argent d'un PER ne sert pas en cas de coup dur, sauf dans les cas de déblocage prévus.

Questions fréquentes

Jusqu'à quand puis-je verser pour 2026 ?

Jusqu'au 31 décembre 2026 : seuls les versements faits pendant l'année entrent dans le plafond de cette année. Le versement doit être enregistré par le gestionnaire du plan en 2026 : demandez-lui la date limite qu'il fixe pour les versements de fin d'année.

J'ai plus de 70 ans : puis-je encore verser ?

Oui, mais depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, ces versements ne sont plus déductibles du revenu.

Que se passe-t-il si je verse plus que mon plafond ?

La part au-delà du plafond n'est pas déduite, et elle ne se reporte pas sur les années suivantes. Ce qui se reporte, c'est un plafond non utilisé, pas un versement en trop.

Où trouver mon plafond si j'ai perdu mon avis ?

Dans votre espace sur impots.gouv.fr, où l'avis d'impôt de 2026 reste téléchargeable.

Sources

Cet article explique une méthode de calcul. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.