PocketPlanner Le blog Essayer la bêta
Budget

13e mois : est-il obligatoire, combien d'impôt est prélevé dessus, et comment le compter dans votre budget

Par Théophile Mazerolle · publié le 29 octobre 2026 · 6 min de lecture

L’essentiel

  • Obligatoire ou non : seulement si un contrat, une convention collective, un usage ou un engagement de l'employeur le prévoit. Sa date et son calcul (prorata en cas d'arrivée ou de départ) dépendent de ce texte.
  • Cotisations : les mêmes que sur le salaire. Le 13e mois est une prime, et les primes font partie de la rémunération.
  • Impôt à la source : votre taux personnalisé s'applique au 13e comme au reste de la paie. Avec le taux non personnalisé, la grille est lue sur le total du mois, salaire plus prime : le taux de décembre monte.
  • Ce qui est trop prélevé en décembre se régularise après la déclaration, l'année suivante.
  • Dans le budget : le 13e mois se note le mois où il arrive, mais votre revenu mensuel réel, c'est le salaire annuel divisé par 12.

Le 13e mois n'est pas une obligation de la loi : il est dû seulement si votre contrat, votre convention collective, un usage de l'entreprise ou un engagement de l'employeur le prévoit. Quand il est versé, c'est du salaire comme un autre : il supporte les cotisations, entre dans votre revenu imposable, et l'impôt à la source y est prélevé. Avec un taux personnalisé, ce prélèvement est proportionnel ; avec le taux non personnalisé, le mois du 13e peut être prélevé à un taux bien plus haut.

Dans un budget, le 13e mois pose une autre question : décembre a l'air d'un mois exceptionnel, alors que cet argent fait partie de votre salaire de l'année.

Obligatoire ? Ça dépend d'un texte, pas de la loi

Service-Public.fr range le 13e mois parmi les « Primes et gratifications annuelles (primes de fin d'année, de 13e mois, de vacances, de bilan, de participation, etc.) ». Une prime de ce type devient obligatoire quand elle est prévue par votre contrat de travail, un accord ou une convention collective, un usage dans l'entreprise, ou un engagement unilatéral de l'employeur.

C'est ce texte qui dit tout le reste : le montant, la date, et ce qui se passe si vous arrivez ou partez en cours d'année. Un exemple, la convention de l'immobilier : le 13e mois y vaut un mois de salaire brut, réglé sur la base du salaire de décembre, et pour une année incomplète, la prime « est calculée en fonction du temps de présence dans l'entreprise ». D'autres conventions le versent en deux fois, ou le calculent autrement : le Code du travail numérique permet de retrouver le texte de la vôtre à partir de son nom ou de son numéro.

Un salaire annoncé « sur 13 mois » dans un contrat, c'est la même chose vue d'en haut : 39 000 € brut par an sur 13 mois, ce sont 3 000 € brut chaque mois, et 3 000 € de plus en fin d'année.

Cotisations et impôt : un salaire comme un autre

Pour les cotisations sociales, Service-Public.fr compte dans la rémunération les « Indemnités, primes, gratifications et tous autres avantages en argent ». Le 13e mois passe donc par les mêmes cotisations que votre salaire, et son net s'ajoute au net imposable de l'année. Il compte dans le revenu que vous déclarez au printemps, et donc dans votre revenu fiscal de référence, celui qui décide par exemple du droit au LEP.

Pour l'impôt à la source, tout dépend du taux que votre employeur applique (les trois taux sont expliqués dans l'article sur le taux de prélèvement) :

  • Taux personnalisé ou individualisé : c'est un pourcentage fixe, appliqué au montant imposable de chaque paie. Le 13e mois est prélevé au même taux que vos autres mois. Rien à prévoir.
  • Taux non personnalisé : la grille dépend du montant du mois. Et l'employeur additionne tout ce qui est versé ensemble : le BOFiP donne l'exemple d'une prime de 1 000 € versée avec un salaire de 2 000 €, pour laquelle on lit la grille à 3 000 €. Un mois doublé par le 13e tombe dans une tranche bien plus haute, et le prélèvement de ce mois-là grimpe.

Un exemple : 2 400 € de base par mois, au taux non personnalisé

Une salariée a une base de prélèvement de 2 400 € par mois, et un 13e mois du même montant versé avec sa paie de décembre. Elle a choisi le taux non personnalisé. On lit la grille 2026 de métropole, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2026 :

Base du mois Taux de la grille Prélevé
Un mois ordinaire 2 400 € 5,3 % 127,20 €
Décembre, avec le 13e mois 4 800 € 15,8 % 758,40 €
Deux mois ordinaires, pour comparer 2 × 2 400 € 5,3 % 254,40 €

En décembre, elle se voit prélever 504 € de plus que si les deux montants étaient arrivés sur deux mois séparés. Cet argent n'est pas perdu : l'impôt de l'année se recalcule sur sa déclaration au printemps suivant, et ce qui a été trop prélevé est remboursé l'été d'après (les dates sont dans le calendrier des impôts). Mais pendant plusieurs mois, son 13e mois net est plus petit qu'elle ne l'attendait.

Avec un taux personnalisé de, disons, 6 %, la question ne se pose pas : 6 % de 2 400 €, soit 144 €, chaque mois et sur le 13e.

Dans votre budget : décembre n'est pas un mois comme les autres

Le 13e mois arrive en une fois, souvent en décembre, le mois des fêtes. Si votre budget se lit mois par mois, décembre affiche un excédent énorme, et les onze autres mois paraissent plus serrés qu'ils ne le sont.

Deux façons de le compter, qui ne disent pas la même chose :

  • Ce qui est arrivé : le 13e mois est une entrée de décembre, de son montant net, le jour où il arrive sur votre compte. C'est ce que votre relevé montre, et c'est ce qu'il faut noter.
  • Ce que vous gagnez vraiment par mois : le salaire net de l'année divisé par 12. Avec 2 340 € net par mois et un 13e mois du même montant, vous touchez 30 420 € par an, soit 2 535 € par mois, pas 2 340 €.

C'est le second chiffre qui sert à juger un loyer, un crédit ou un abonnement : une charge de 2 500 € par mois est tenable sur l'année avec ce salaire, mais elle vide le compte de janvier à novembre, et seul décembre la rattrape. Inversement, si votre budget est tenu à 2 340 € par mois, le 13e mois est une marge entière, à décider : réserve, projet, placement.

Pour éviter la surprise, vous pouvez noter le 13e mois dès maintenant comme une entrée prévue, datée du jour de paie de décembre : votre fin d'année se lit alors avec, avant qu'il n'arrive.

Ce qui change dans votre tableur

  • Une ligne à part pour le 13e mois, dans les entrées de décembre, pas mélangée au salaire : sinon votre « salaire moyen » de l'année est faux.
  • Une case « revenu mensuel réel » = net de l'année ÷ 12, à côté de vos charges fixes.
  • Au taux non personnalisé, un rappel au printemps : le trop-prélevé de décembre reviendra l'été suivant, rangé avec l'impôt, pas dans vos revenus (voir l'impôt dans son budget mensuel).

Questions fréquentes

Le 13e mois est-il imposable ?

Oui. C'est du salaire : il entre dans votre revenu imposable de l'année où il est versé, et l'impôt à la source est prélevé dessus, au même taux que vos autres paies si vous avez un taux personnalisé.

Pourquoi mon prélèvement à la source est-il si élevé en décembre ?

Si votre employeur applique le taux non personnalisé (grille), il lit la grille sur le total du mois, salaire et 13e mois ensemble : le taux de ce mois-là est plus haut. Le trop-prélevé est régularisé après votre déclaration.

J'ai quitté l'entreprise en cours d'année : ai-je droit à une partie du 13e mois ?

Ça dépend du texte qui le prévoit. Certaines conventions le calculent au prorata du temps de présence, c'est le cas de celle de l'immobilier ; d'autres posent leurs propres conditions. Lisez votre contrat et votre convention collective.

13e mois et prime de fin d'année, c'est pareil ?

Service-Public.fr les cite côte à côte parmi les primes annuelles. Le nom importe peu : c'est le contrat, la convention ou l'usage qui en fixe le montant et les conditions.

Sources

Cet article explique une méthode de calcul. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.